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Être un
enfant de Dieu
Par Joseph Tkach Parfois,
les disciples de Jésus se faisaient des illusions à propos de leur
propre suffisance. À un moment donné, ils ont même demandé à Jésus :
" Qui donc est le plus grand dans le Royaume des cieux? " (Matthieu
18:1). En d'autres termes, quelles étaient les caractéristiques des
meilleurs exemples de ce que Dieu entend trouver chez son peuple ? La
question était valable, et Jésus en a profité pour faire une leçon
importante : " Si vous ne changez pas d'attitude et ne devenez pas
comme de petits enfants, vous n'entrerez pas dans le Royaume des cieux
" (verset 3). Cela
devait surprendre les disciples, voire même les confondre. Peut-être
pensaient-ils à des gens de la trempe d'Élie qui a appelé le feu à
tomber du ciel pour dévorer des ennemis. Ou encore, peut-être
songeaient-ils à quelqu'un de zélé comme Phinéas qui a tué ceux qui
ont accepté un compromis (Nombres 25:7-8). Étaient-ils les personnages
les plus grands de l'histoire du peuple de Dieu ? Cependant,
ils avaient une idée faussée de ce que signifiait être grand. Selon Jésus,
Dieu ne désirait ni bravade ni œuvres spectaculaires. Il désirait
surtout qu'on ressemble à des petits enfants. Au fait, si nous ne
devenons pas comme eux, nous ne pourrons jamais entrer dans le royaume ! Dans
quel sens devons-nous être comme des enfants ? Devons-nous manquer de
maturité ? Devons-nous être enfantins et ignorants ? Non. Au fait, nous
devons nous défaire de ce qui est propre à l'enfant (1 Corinthiens
13:11). Nous devons rejeter certaines caractéristiques des enfants tout
en conservant d'autres. Parmi
ces caractéristiques, mentionnons l'humilité. Jésus en parle au verset
4 : " C'est pourquoi le plus grand dans le Royaume des cieux est
celui qui s'abaisse lui-même comme cet enfant. " Selon Dieu, une
personne humble est le plus grand, le meilleur exemple de ce que Dieu veut
trouver dans son peuple, parce qu'il est humble lui-même. Dieu était
disposé à abandonner sa condition divine pour notre salut. Ce que Jésus
a fait lorsqu'il s'était fait chair ne constituait pas une anomalie de la
nature divine ; cela révélait la nature constante de Dieu. Il veut que
nous ressemblions à Christ, disposés à abandonner nos privilèges dans
le but de servir autrui. Certains
enfants sont humbles, d'autres ne le sont pas. Jésus a pris en exemple un
enfant en particulier pour expliquer où il voulait en venir : à certains
égards, nous devons nous percevoir comme des enfants, surtout en ce qui
concerne notre relation avec Dieu. Jésus
a également fait remarquer qu'en tant qu'enfant de Dieu, nous devrions
accueillir d'autres enfants (versets 5). Probablement il l'entendait tant
au pied de la lettre qu'au figuré. Les adultes devraient être attentifs
et respectueux envers les jeunes gens. Nous devrions également accueillir
et respecter les gens qui sont jeunes dans la foi, ceux qui manquent de
maturité dans leur relation avec Dieu et au niveau de la compréhension
des doctrines chrétiennes. Notre humilité touche non seulement notre
relation avec Dieu, mais aussi notre relation avec autrui. Abba,
Père Jésus
savait que sa relation avec Dieu était unique. Au fait, il était le seul
à connaître le Père assez bien pour le révéler aux autres (Matthieu
11:27). Jésus appelait le Père Abba, un mot araméen d'affection dont
les enfants et les adultes se servaient pour s'adresser à leur père.
Probablement l'équivalent moderne français serait papa. Quand
il priait, Jésus parlait à son père. Il lui demandait de l'aide et le
remerciait pour tout ce qu'il avait. Selon Jésus, nous n'avons pas à
user de la flatterie pour comparaître devant le Roi. Il est notre papa ;
nous pouvons lui parler parce qu'il est notre papa. Dieu nous a donné ce
droit. Nous pouvons donc avoir confiance qu'il nous entend. Bien
que nous ne soyons pas les enfants de Dieu exactement comme Jésus est son
Fils, Jésus a enseigné à ses disciples de s'adresser à Dieu comme à
leur papa, Abba. Plus tard, Paul pouvait bien supposer que l'église
romaine se servait du mot araméen Abba pour s'adresser à Dieu, même si
elle était située à plus de mille milles des pays où l'on parlait
l'araméen (Romains 8:15). De
nos jours, il n'est pas nécessaire d'utiliser le mot Abba. Cependant,
l'usage largement répandu de ce mot dans l'Église primitive nous montre
qu'il a eu un impact sur les disciples. Ils avaient reçu une relation
intime toute spéciale avec Dieu, une relation qui leur garantissait l'accès
à Dieu par Jésus-Christ. Le mot Abba comportait une signification
distinctive. Les Juifs ne l'utilisaient pas dans leurs prières, mais les
disciples de Jésus s'en servaient dans les leurs. Ils savaient que Dieu
était leur papa. Ils étaient les enfants du Roi et non seulement les
membres d'une nation choisie. Une
nouvelle naissance et adoption Les
apôtres ont employé un certain nombre de métaphores pour communiquer la
nouvelle amitié entre les croyants et Dieu. Les expressions rédemption
ou rachat évoquaient l'idée que nous sommes devenus la propriété de
Dieu. Nous avons été rachetés de l'esclavage du péché à un prix
exorbitant : la mort de Jésus-Christ. Le prix n'a pas été versé à une
personne en particulier. Cependant, il évoquait l'idée que notre salut
avait un prix. L'expression
réconciliation met l'accent sur le fait qu'autrefois, nous étions
ennemis de Dieu. Maintenant, nous sommes restaurés à l'amitié avec lui
par Jésus-Christ. Grâce à sa mort, les péchés qui nous séparaient de
Dieu sont effacés. Dieu a agi ainsi parce que nous étions tout à fait
impuissants à le faire nous-même. Les
analogies contenues dans les Écritures ne sont que ça : des analogies.
Le fait qu'on se serve de plusieurs nous montre qu'aucune d'elles ne
contient l'image complète. C'est surtout vrai lorsque nous nous trouvons
en face de deux analogies qui semblent contradictoires. Par exemple, nous
sommes nés d'en haut en tant qu'enfant de Dieu, et nous sommes adoptés. Les
deux analogies nous donnent des informations importantes à propos de
notre salut. Le fait d'être nés de nouveau nous dit qu'en tant qu'être
humains, notre identité a subi un changement radical. C'est un petit
changement qui croît au cours de notre vie. Nous sommes de nouvelles créatures,
un peuple nouveau, vivant dans un âge nouveau. Le fait d'être adoptés
nous dit qu'autrefois, nous étions étrangers au royaume, et maintenant,
grâce à une décision de Dieu attestée par le Saint-Esprit, nous avons
été déclarés des enfants de Dieu, avec tous les droits d'héritage et
d'identité que cela implique. Autrefois, nous étions loin de Dieu.
Aujourd'hui, nous nous sommes rapprochés de lui grâce à l'œuvre
salvatrice de Jésus-Christ. Nous mourons en lui. Cependant, à cause de
lui, il n'est pas nécessaire pour nous de mourir. En lui, nous vivons.
Cependant, ce n'est pas nous qui vivons, mais de nouvelles créatures créées
par l'Esprit de Dieu. Toute
métaphore comporte une certaine valeur et un point faible. Rien dans le
monde physique ou social ne peut pleinement nous communiquer ce que Dieu
fait dans notre vie. Cependant, il s'agit d'analogies que Dieu nous a données.
L'une des images les plus constantes que nous trouvons dans les Écritures,
c'est que nous sommes des enfants de Dieu. Devenez
des enfants Dieu
est le Créateur, le Soutien et le Roi. Mais plus important encore, il est
notre papa. C'est un lien intime exprimé à travers la relation la plus
importante de la culture du premier siècle. À l'époque, dans la société,
l'identité des gens reposait en leur père. Par exemple, une personne
aurait porté le nom de Joseph fils d'Élie. Le rang social était déterminé
par le père. Il en était de même pour le statut économique de la
personne, son occupation, sa future épouse. Si une personne héritait
quoi que ce soit, cela lui venait de son père. Dans
la société moderne, la mère est plus en vue. Au fait, bien des gens ont
une meilleure relation avec leur mère qu'avec leur père. Si la Bible était
écrite à notre époque, il est probable qu'elle aurait contenu un aussi
grand nombre de métaphores à propos de la mère. Mais à l'époque
biblique, les métaphores concernant les pères primaient. Dieu
se révèle parfois avec des caractéristiques maternelles. Cependant, il
s'est toujours appelé Père. Si notre relation avec notre père est bonne,
alors, il n'y a pas de problème avec l'analogie. Mais si notre relation
avec notre père était mauvaise, alors il nous faudra réfléchir un peu
plus longuement pour voir ce que Dieu veut nous communiquer. Nous
n'avons pas à juger Dieu comme n'étant pas mieux que notre père
physique. Il faut avoir l'esprit plus créatif et idéaliser la relation
parentale, de voir une relation qu'aucun être humain ne peut atteindre.
Dieu est mieux que le meilleur des pères. En
tant qu'enfant de Dieu, comment nous tournons-nous vers Dieu en tant que
papa ?
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