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Le but des bénédictions
par Joseph Tkach, pasteur général de l'Église Universelle de Dieu.

On pose souvent la question pourquoi Dieu permet-il les épreuves. Quand nous subissons une épreuve, nous tenons à en connaître la raison. Pourquoi souffrir ? Pourquoi cela nous arrive-t-il ? Il est même possible que nous passions des nuits blanches à y penser et à prier.

Mais nous sommes-nous déjà demandé pourquoi Dieu accordel des bénédictions ? Nous ne passons pas de nuits blanches à nous demander pourquoi Dieu nous les accorde. De fait, nous agissons comme si c'était tout à fait normal que Dieu nous accorde une belle vie. D'habitude, nous acceptons les bénédictions, nous remercions Dieu de nous les avoir accordées et nous en profitons sans plus y réfléchir. Mais, au fond, nous ne les méritons aucunement. Alors, quand nous en recevons, nous devrions nous demander pourquoi ? Dieu ne nous doit rien. Il ne nous a pas promis la santé ou la prospérité. Pourtant, nous recevons tous des bénédictions. Il y aurait lieu de demander : « Seigneur, pourquoi cela m'arrive-t-il ? »

Qu'est-ce qui est normal ?

Le parabole du figuier (Luc 13) constitue une illustration des bénédictions. Le premier verset nous en donne le contexte : « À cette époque survinrent quelques personnes qui informèrent Jésus que Pilate avait fait tuer des Galiléens pendant qu'ils offraient leurs sacrifices. »

De l'avis des gens, les victimes semblaient être, en quelque sorte, plus pécheurs que d'autres. Voilà ce à quoi Jésus répondait au verset 2 : « Pensez-vous que ces Galiléens ont subi un sort si cruel parce qu'ils étaient de plus grands pécheurs que tous leurs compatriotes ? Non, je vous le dis; mais si vous ne changez pas, vous périrez tous, vous aussi. »

La présomption courante de l'époque voulait que les gens subissent ce qu'ils méritent. Aussi, à leur sens, la douleur et la souffrance découlaient du péché. Mais le péché des gens souffrants n'en est pas nécessairement la cause. Le péché blesse les innocents, et c'est pourquoi Dieu voue une haine implacable au péché. Souvent, les gens souffrent à cause des péchés des autres.

Les habitants de Jérusalem utilisaient l'exemple de la souffrance des Galiléens. Jésus, pour sa part, prenait comme exemple des habitants de Jérusalem qui avaient soufferts : « Rappelez-vous ces dix-huit personnes qui ont été tuées quand la tour de Siloé s'est effondrée sur elles. Croyez-vous qu'elles aient été plus coupables que tous les autres habitants de Jérusalem? Non, je vous le dis; mais vous aussi, si vous ne changez pas, vous périrez tous » (versets 4 et 5).

Dans ce monde déchu, il est normal qu'il survienne des désastres. Nous devrions y réagir en nous repentant. Voilà le contexte de la parabole du figuier.

Un arbre avec un but

Par la suite, Jésus racontait cette parabole : « Un homme avait un figuier dans sa vigne. Un jour, il voulut y cueillir des figues, mais n'en trouva pas. Il dit alors à celui qui s'occupait de sa vigne: 'Voilà trois ans que je viens chercher des figues à cet arbre, sans pouvoir en trouver. Arrache-le; je ne vois pas pourquoi il occupe la place inutilement.' 'Maître, lui répondit l'homme, laisse-le encore cette année! Je bêcherai encore la terre tout autour et j'y mettrai du fumier; peut-être qu'il portera du fruit à la saison prochaine. Sinon, tu le feras arracher » (versets 6-9).

Le propriétaire aurait pu utiliser l'espace pour cultiver d'autres vignes. Mais il voulait des figues. Il a donc planté un figuier. Cependant, l'arbre ne produisait pas de fruits comme il se devait. Le propriétaire a donc pris une décision d'affaire : il voulait détruire le figuier qui ne faisait qu'occuper la place.

Jésus ne donne pas ici de conseils agricoles. La parabole n'a rien à voir avec des arbres. Elle traite des gens. Dieu entend que les gens produisent du fruit et donnent de bons résultats. Il entend que les gens l'aiment. Cependant, la plupart des gens ne font qu'occuper la place, sans faire quoi que ce soit de particulier. Dieu ne nous a pas créés pour rester assis à ne rien faire. Il nous a créés pour faire de bonnes oeuvres (Éphésiens 2:10). Les bonnes oeuvres ne sont pas dans notre intérêt personnel, tout comme les fruits ne profitent pas à l'arbre qui les produit. Les bonnes oeuvres profitent aux autres.

Dieu n'entend pas que nous restions assis à ne rien faire. Il ne nous a pas créés pour agir de façon égoïste. Il nous faut aimer notre prochain. Il faut passer aux actes et produire du fruit. Il faut faire une différence dans la vie d'autrui.

Évidemment, il nous est impossible de pourvoir aux besoins de tout le monde. Par contre, nous pouvons tous aider quelques personnes d'une manière quelconque. Sommes-nous donc une bénédiction pour les autres ?

Des bénédictions pour l'arbre ?

Jésus offre également le pardon. La parabole ne se termine pas par la destruction du figuier. Non. Sa perspective est tout autre. Voilà ce sur quoi il faut se concentrer. Le vigneron invoque patience et miséricorde : attendez, dit-il, laissez-moi m'occuper de l'arbre. Laissez-moi bêcher autour de l'arbre et y mettre du fumier pour l'engraisser. S'il ne produit toujours pas de fruits, alors, nous l'arracherons.

Au fond, le vigneron disait : laissez-moi accorder beaucoup de bénédictions à cet arbre, et s'il ne produit pas de fruits suite à ces bénédictions, alors nous nous en débarrasserons. Donc, si nous avons des bénédictions dans notre vie, il faut les considérer comme de l'engrais donné pour que nous portions plus de fruits en faisant de bonnes oeuvres et non pas seulement pour que nous occupions de l'espace.

Nous avons tous vécu des moments où nous ne produisions pas de fruit. Mais Dieu est patient et miséricordieux. Il nous accorde quand même des bénédictions dans l'espoir que nous recommencerons à en porter. Nous méritons d'être châtiés, mais parfois, nous obtenons sa grâce et ses bénédictions pour que nous produisions du fruit. Les bénédictions nous donnent l'occasion de bénir les autres.

Ne pas juger selon les apparences

Si quelqu'un remarque qu'on est en train de mettre du fumier autour de l'arbre, il pourrait conclure que l'arbre doit être excellent pour se mériter un tel traitement. Mais c'est tout à fait le contraire, car l'arbre qui reçoit la bénédiction est mauvais.

De même, une personne richement bénie n'est pas nécessairement une personne juste. Ce pourrait être tout le contraire ; les bénédictions lui ont été données justement parce qu'elle ne produit pas de fruits. Il reçoit l'engrais dans l'espoir que les bénédictions l'aideront à devenir une bénédiction pour d'autres.

La parabole remet en question les hypothèses courantes. Les gens n'ont pas toujours ce qu'ils méritent. Des gens qui subissent des épreuves peuvent bien être des chrétiens fructueux. Il se peut qu'ils soient simplement en train d'être émondés pendant quelque temps pour les aider à produire davantage.

Par ailleurs, quand nous sommes abondamment bénis, nous aimerions croire que c'est à cause de notre bon comportement, mais ce ne l'est pas nécessairement. Pire, quand nous sommes bénis, il nous est facile de mépriser ceux qui subissent des épreuves. Mais l'arbre bien engraissé n'est pas nécessairement mieux que les branches émondées. Il est impossible de juger selon les apparences.

Il faut partager les bénédictions

Il est facile de recevoir des bénédictions et d'en profiter égoïstement. L'ironie, c'est que les bénédictions peuvent nous détourner de Dieu et nous centrer sur nous-mêmes. Mais les bénédictions nous sont accordées pour nous permettre de produire encore plus de fruits. Si ce n'est pas le cas, un mot d'avertissement :

Les bénédictions constituent un signe de la grâce de Dieu, un signe de sa bonté envers nous même si nous ne le méritons pas. Ce n'est pas une récompense pour nos bonnes oeuvres. Il faut donc s'en servir comme Dieu l'entend.

Dieu nous a donné sa grâce pour que nous produisions du fruit pour lui et pour les autres. Il nous l'a donnée pour que nous puissions venir en aide aux autres et leur être une bénédiction. La grâce nous permet de servir de conduit pour l'amour, la grâce et les bénédictions que Dieu entend donner aux autres.

Il faut aimer les autres comme Dieu nous aime. Il faut pardonner aux autres comme Dieu nous pardonne. Il faut être généreux envers les autres, comme Dieu est généreux envers nous. Réfléchissons donc comment nous pouvons employer nos bénédictions matérielles à la gloire de Dieu. Nous avons tous reçu des bénédictions spirituelles ; aussi faut-il penser de quelle manière Dieu aimerait que nous nous en servions pour produire du fruit pour le bien de tous (1 Corinthiens 12:7).

Que c'est merveilleux de recevoir des bénédictions ! En tant que peuple de Dieu, il faut apprendre à les partager avec autrui, tout comme Dieu partage ses dons merveilleux avec nous.


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