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Si vous avez tout gâché, il y a de l'espoir
par Joseph Tkach, pasteur général de l'Église Universelle de Dieu.

Ce mois-ci, j'entends traiter le rôle de la loi dans la vie chrétienne. Au coeur du message de Paul à propos de la bonne nouvelle de Jésus-Christ, on y trouve la doctrine de la justification par la foi. Dès que nous croyons en son Fils, Dieu nous accepte comme étant justifiés à cause de ce que Christ a fait, et non à cause de ce que nous avons fait.

Voilà une nouvelle absolument incroyable pour nous qui croyons avoir tout gâché, sachant que nous ne pourrions jamais nous racheter, peu importe le nombre de bonnes oeuvres à notre compte. Nous savons qu'il nous est impossible de compenser le fait que nous avons abandonner Dieu. Nous ne pouvons que nous fier à sa miséricorde.

Dieu lui-même nous garantit cette miséricorde: voilà la bonne nouvelle. Il a envoyé son Fils mourir pour nous. Grâce à la mort de Jésus, Dieu est toujours juste, même s'il déclare les méchants justifiés (Romains 4:5; 5:6). Dieu a offert Jésus «comme une victime destinée à expier les péchés... Ce sacrifice montre la justice de Dieu qui a pu laisser impunis les péchés» (Romains3:25).

Une démonstration de la justice de Dieu

La mort de Christ constituait une démonstration de la justice de Dieu. Cette mort a donné à Dieu le droit de pardonner le péché. En nous pardonnant, Dieu ne fait pas simplement semblant que le péché n'a pas d'importance. Il insiste plutôt sur l'importance d'avoir envoyé son Fils prendre sur lui nos péchés et mourir pour nous. Dieu a fait le nécessaire pour justifier l'impie. Il ne contrevient pas à sa propre justice en nous déclarant justes et acceptables.

Voilà ce qu'est la grâce. Puisque Christ est mort pour nous, il nous est possible d'être pardonnés. Nous sommes justifiés par la foi (Actes13:38; Romains3:22, 26; 4:24; 5:1). Dieu nous accepte comme ses enfants si nous avons foi en Jésus-Christ. Certes, nous ne le méritons pas, mais Dieu nous le garantit moyennant la foi. Le moyen d'obtenir le salut est donc un don de Dieu (Éphésiens2:8).

Bon. D'accord, disent certains gens du Ier siècle. Dieu nous amène dans son royaume si nous avons la foi. Mais une fois qu'on y est parvenu, disent-ils, il faut obéir à Dieu. Il faut surtout obéir aux commandements que Dieu a donnés à son peuple, des commandements précis concernant la circoncision, les fêtes et les sabbats.

Telle était l'hérésie des Galates: de faux enseignants prétendaient que les chrétiens étaient tenus de se conformer à la fois à l'ancienne et à la nouvelle alliances, à la fois à Moïse et à Christ, à la fois au mérite et à la grâce. On insistait qu'il fallait vivre selon toutes les paroles de Dieu. Cela semblait logique, mais au fond, leur raisonnement comportait une faille.

Certes, les chrétiens doivent obéir à Dieu. Mais la loi de Moïse n'est pas celle qui est en vigueur. Dans Galates, Paul déclare que la loi de Moïse est périmée et caduque. L'autorité de cette loi a pris fin, et nous ne sommes plus «sous le régime de la loi». Paul va plus loin en disant que l'alliance du mont Sinaï produisait une religion de servitude (Galates4:24-25), mais les chrétiens sont affranchis de l'esclavage.

Nous sommes les enfants de la promesse, des enfants de la femme libre (3:29; 4:31). «Le Christ nous a rendus libres pour que nous connaissons la vraie liberté. C'est pourquoi tenez bon et ne vous laissez pas réduire à nouveau en esclavage» (5:1). Si nous tentons d'obtenir la justification par la loi, alors nous serons séparés du Christ et ne serons plus sous le régime de la grâce (verset 4). Paul insiste que nous avons «été appelés à la liberté» (verset 13).

Là où Paul veut en venir, c'est qu'aucune loi ne peut nous sauver. «Si c'est l'obéissance à la Loi qui permet d'être déclaré juste, alors Christ est mort pour rien!» (Galates2:21). S'il était possible pour qu'une autre loi nous donne la vie, Dieu nous l'aurait alors donnée. Mais la nature-même de la loi l'empêche de nous donner la vie. Tout ce qu'une loi peut faire, c'est d'établir des exigences et prescrire des amendes en cas de contravention.

Puisque nous n'arrivons jamais à obéir parfaitement au cours de cette vie, nous ne pouvons jamais nous fier à la loi comme normes pour obtenir le salut. Nous ne pouvons jamais dire: «La grâce a couvert mes péchés passés. Maintenant, mon salut est fonction de mon obéissance. Si c'était vrai, nous serions tous perdus. Dieu nous accepte toujours sur la base de la grâce et de la foi, jamais sur la base de notre obéissance.»

Le rôle de la loi

Quel est donc le rôle de la loi dans la vie chrétienne? Les chrétiens ne «persistent pas dans le péché pour que la grâce abonde» (Romains 6:1-2). Les chrétiens veulent plaire au Dieu qui les a sauvés. Notre Sauveur a souffert et est mort à cause du péché. Nous ne voulons donc rien à voir avec le péché. Nous voulons obéir à Dieu du mieux que nous le pouvons, même si nous nous savons impuissants à le faire parfaitement. Nous obéissons non pas parce que notre obéissance nous mérite quelque chose, mais parce que nous aimons Dieu et nous désirons lui obéir.

Notre relation avec Dieu repose sur la foi, et non sur une liste de règlements. Il s'agit d'une loyauté personnelle envers Dieu, une loyauté qui nous porte à obéir, une loyauté qui se tourne toujours vers Dieu, et non vers une liste de règlements qui sert d'indicateur pour évaluer notre relation. Nous ne nous ventons pas de notre obéissance; nous ne désespérons pas non plus du fait que nous manquons la cible. Dieu avait déjà prévu un moyen de nous justifier alors même que nous étions méchants et impies.

Évidemment, les gens qui perçoivent la loi simplement comme un système de récompenses et de châtiments sont perplexes vis-à-vis le rôle de la loi dans leur vie s'ils ne peuvent s'y fier ni pour les récompenses ni pour les châtiments. Grâce à Christ, la loi ne joue plus ce rôle.

Alors, pourquoi y obéir? Il nous faut réorienter notre façon de percevoir la loi. Il ne faut plus y penser en termes de récompenses et châtiments. Il ne faut plus y penser comme étant la norme à laquelle nous sommes mesurés. Il faut percevoir la loi de Dieu comme étant une forme de loyauté personnelle, comme étant une partie intégrante et naturelle d'une relation intime.

La loi de Dieu (pour nous, la loi de Christ aux termes de 1Corinthiens9:21), prévoit le pardon de toutes transgressions (sauf le rejet de Christ, évidemment), un pardon obtenu par la foi et non par la pénitence, les bonnes oeuvres ou en payant un prix quelconque (Romains3:28). Voilà un genre de loi auquel nous ne sommes pas habitués.

Le christianisme, c'est croire en la grâce de Dieu, en son amour, en sa promesse et en son pouvoir de pardonner et de purifier. Dieu n'accorde pas seulement le pardon du péché à ses enfants, mais aussi une vie nouvelle, une vie en Christ. Autrefois, nous vivions en fonction de notre intérêt. Aujourd'hui, nous vivons pour le Christ. Nous le faisons parce que le Saint-Esprit demeure en nous, et non parce que nous sommes devenus justes de par nous-mêmes.

Certes, le Nouveau Testament prévoit des règlements et des attentes au niveau du comportement. Cependant, il faut les comprendre comme étant le résultat d'une relation fondée sur la foi, et non pas comme son fondement. Ces règlements ne constituent pas la mesure de notre justice devant Dieu, ce qui est bien, parce que nous manquons tous la cible.

Nous n'avons aucune justice de notre propre chef. Cependant, quand nous plaçons notre confiance en Christ, Dieu nous déclare justes (Romains4:23-25). Nous sommes alors en paix avec Dieu, non pas de par nous-mêmes, mais grâce à Christ (Romains 5:1-2).

Une nouvelle justice

Dieu nous a maintenant révélé une nouvelle justice (Romains3:21). C'est une justice qui ne nous provient pas de la loi. C'est une justice qui nous vient de Dieu (verset 22). Cette nouvelle justice vient de Dieu à tout croyant par la foi. Nous sommes tous pécheurs. Le seul moyen de devenir justes, le seul moyen d'être en paix avec Dieu, c'est que Dieu nous les donne (versets 22-23).

Notre justice n'est donc pas la nôtre. C'est celle du Christ. Si nous croyons, Dieu porte à notre crédit la justice de Jésus, le seul être humain à être juste. Ce qui plus est, il oeuvre en nous pour que nous vivions une vie juste. Voilà pourquoi l'on appelle fruit de l'Espritle bien que fait le chrétien (Galates5:16-26). Cela se produit uniquement parce que Dieu vit en nous. Il s'agit de son fruit et non du nôtre. Dieu produit le fruit de l'Esprit en nous à cause de notre foi, et non à cause de gros efforts déployés pour être bons. Donc, la source d'une vie juste, c'est la foi. Ce n'est pas une vertu personnelle.

Nous faisons tous les efforts possibles pour nous trouver en Christ (Philipiens3:7-9), et non pour qu'on nous trouve bons. Selon Paul, les chrétiens ne cherchent pas une justice acquise d'eux-mêmes, ce qui découle de la loi, mais la justice de Dieu qui vient de la foi en Christ (verset9). Quand nous cherchons à aimer Dieu, notre vie commence à produire un fruit juste parce que Dieu oeuvre en nous.

Quand nous tendons l'esprit à connaître et à aimer Christ, le Saint-Esprit produit un fruit juste en nous (Romains8:5). Nous atteignons la justice par la foi, et la foi est raffermie quand nous passons du temps avec Christ. C'est par Christ, et non par nous-mêmes, que la juste exigence de la loi est pleinement satisfaite en nous (versets 3-4).

Nous devons nous aimer les uns les autres, comme Christ nous a aimés (Jean13:34-35). Ce genre d'amour résume toute la loi (Galates5:14). Voilà pourquoi Jean nous résume la loi de Dieu, la loi désignée par Paul comme étant la loi de Christ (1Corinthiens9:21), dans les commandements stipulant que nous devons croire en Christ et nous aimer les uns les autres (1Jean3:23-24). C'est seulement en ayant foi en Christ qu'il est possible pour nous de nous aimer les uns les autres comme Jésus nous a aimés.

Si nous pouvons vivre une vie juste, c'est uniquement parce que nous vivons en Christ. Ce n'est pas parce que nous pouvons le faire non plus, mais parce que Christ a vaincu le péché pour nous. C'est grâce à Dieu si nous pouvons tenir bon en Christ (2Corinthiens1:20). Toute la gloire lui revient parce qu'il a fait tout le nécessaire.

Lorsque nous avons une relation intime avec Christ, nous nous souvenons qui nous sommes et à qui nous appartenons. Nous nous rappelons à quel point le péché est destructif. Nous nous rappelons que nous avons été affranchis du pouvoir du péché (Romains8:1-4). Nous sommes portées à nous laisser pousser par le Saint-Esprit et à suivre sa direction (versets 12-16).

Nos pensées sont guidées par le Saint-Esprit quand nous passons du temps avec Christ. Mais quand nous nous fixons sur les choses de la nature pécheresse, nous oublions que nous appartenons à Christ. Nous oublions qu'il a vaincu le pouvoir du péché pour nous et que nous sommes sauvés. Nous oublions que Dieu nous aime. Toutes ces choses demeurent vraies; mais notre capacité de les percevoir et d'y croire s'embrouille. Ainsi, nous sommes une proie facile à la nature pécheresse.

Le péché est trop fort pour nous. Selon Hébreux12:1, il «nous cerne si facilement de tous côtés». Mais quand nous sommes en Christ, la victoire est gagnée d'avance. Il n'est pas nécessaire de laisser le péché régner parce qu'il n'a plus de pouvoir réel sur nous.

Comment pouvons-nous nous débarrasser du péché? En gardant le regard fixer sur Jésus (verset 2), l'auteur de notre foi et qui la porte à la perfection. Nos mains qui faiblissent et nos genoux qui fléchissent (verset 12) sont raffermis lorsque nous nous concentrons à aimer Christ.

Voilà pourquoi les disciplines spirituelles (la lecture de la Bible, la prière, la méditation, la simplicité, le service et l'adoration) sont essentielles à la vie chrétienne. Ce sont des moyens que Dieu nous a donnés pour rester branchés à la vérité concernant Dieu et nous-mêmes. Dieu nous aime. Nous sommes ses enfants bien-aimés. Il nous a sauvés et affranchis du pouvoir du péché. Ces disciplines nous permettent de demeurer près de Dieu et nous donne le courage de nous tenir dans la puissance de la résurrection de Christ, une puissance accordée à tous ses enfants (Romains 8:10-11).

Je vous recommande de lire Celebration of Discipline, un livre de Richard Foster (Harper, SanFrancisco, 1978, 1988), un excellent livre traitant les disciplines spirituelles et leur rôle dans la vie d'un chrétien.

Mes frères et soeurs, la grâce de Dieu et sa puissance sont magnifiques au point de défier toute description. Puissions-nous croître sans cesse, fidèles dans la voie de notre Seigneur, Sauveur et Enseignant, Jésus-Christ.


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