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Worldwide Church of God Africa |
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| La Francophonie |
Living and Sharing the Gospel in Africa
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Dans l'attente de Christ
Le
fait de nous rappeler notre historique fait partie de notre culte. Cela
fait partie de notre profession de foi et de notre compréhension de notre
identité devant Dieu et comment nous devons lui répondre dans le monde.
Voilà pourquoi la plupart des chrétiens célèbrent l'Avent, Pâques et
d'autres fêtes en mémoire de notre Sauveur. Ces fêtes expriment, en
quelque sorte, qui nous sommes parce qu'il s'agit d'une répétition de
l'histoire au coeur de nos vies et de notre identité. Jésus-Christ est
la Personne qui définit notre identité dans le monde. Le
moment exact où débute notre historique est enveloppé de mystère. Le récit
de la création débute simplement par les mots Au commencement. Nous ne
connaissons pas le moment exact de la création d'Adam, ni celui où Jésus-Christ
s'était fait chair. Peu importe le moment où l'incarnation a eu lieu, l'événement
s'est produit à un moment précis de l'histoire telle que consignée par
les évangélistes Matthieu et Luc. C'est un récit d'une bonne nouvelle
sans précédent. D'où la raison de la célébration. C'est une bonne
nouvelle pour nous et le monde entier. L'Église
chrétienne comporte également une histoire. L'on pourrait dire qu'elle
remonte à l'époque avant Moïse, à l'appel d'Abraham. Par ailleurs,
l'on pourrait dire qu'elle débute à la naissance de Jésus, à l'appel
de ses disciples ou par la mort et la résurrection de Jésus. Ou encore,
l'on pourrait dire que la Pentecôte consignée dans Actes 2 constitue le
point d'origine de l'Église. Le reste du livre des Actes développe
l'histoire pour nous permettre de connaître notre relation avec Jésus
qui est mort et ressuscité, et comment l'Église s'est répandue de Jérusalem
pour devenir une mission mondiale. Une répétition du récit nous
rappelle notre identité et l'appel de nous occuper des affaires de notre
Père. L'historique
de l'Église a suivi son cours, même si le plus gros du récit n'a pas été
consigné aux Écritures comme les Actes. Entre autres, les martyrs de
Polycarpe et de Perpétue nous offrent un aperçu de la foi des premiers
croyants. L'ascension de Constantin, le concile de Nicée, les écrits
d'Augustin, la rivalité de Rome et Constantinople constituaient des événements
majeurs qui ont façonné le cours de l'Église pour des siècles à venir.
Par moment, tout le monde faisait comme bon leur semblait. Certains
leaders puissants régnaient en justice, d'autres abusaient de leur
pouvoirs et maltraitaient le peuple. Des moments de péchés, de captivité,
d'exil et de restauration se sont succédés. En
1517, un événement important a eu lieu. Martin Luther a protesté auprès
des autorités pontificales romaines pour des raisons doctrinales, en se
fondant sur la Parole de Dieu. Des étapes importantes ont été franchies
à Genève, aux Pays-Bas, en Angleterre et en Amérique. Les gens se
souviennent de ces étapes importantes, car elles ont joué un rôle décisif
vis-à-vis notre identité. Nous
ne sommes pas luthériens, mais nous pouvons nous identifier avec la
position de Luther. Nous ne sommes pas méthodistes, mais nous pouvons
nous mettre dans la peau de John Wesley au moment où il était à
Aldersgate et que son coeur a été touché quand on a lu la partie de
l'oeuvre de Luther concernant la grâce. Il
y a cinq ans, en décembre, nous avons vécu un événement important dans
l'histoire de notre Église quand mon père a prêché un sermon sur la
nouvelle alliance et le sabbat. Même si nous avions annoncés d'autres
changements doctrinaux avant et après ce sermon, c'était le changement
qui a le plus affecté l'Église. Les uns ne pouvaient l'accepter. Mais
pour bien des gens, ce changement a été responsable d'une très grande
croissance spirituelle. On
avait même suggérer d'établir une nouvelle fête au calendrier
confessionnel pour célébrer la nouvelle naissance de l'Église
Universelle de Dieu. Mais, serait-ce approprié de célébrer cet événement
mémorable de l'histoire de notre confession ? Pouvons-nous commémorer
notre réforme pour nous rappeler nos origines, notre identité et ce que
Christ veut que nous soyons ? On a suggéré d'appeler la fête le jour de
la Réforme, et de la célébrer le 24 décembre, la date où on a prononcé
le sermon susmentionné à Big Sandy, au Texas, enregistré sur bande vidéo
pour fins de diffusion à travers le monde. Cela nous aiderait-il ? Nous
ne voulons pas oublier nos racines, ni comment Christ nous a conduits à
lui, ni comment la grâce nous a affranchis du légalisme. Bien des gens
qui n'appartiennent pas à notre confession peuvent même profiter de
notre histoire, tout comme nous profitons de l'histoire de Martin Luther.
Bien des gens peuvent s'assimiler à notre lutte vis-à-vis les oeuvres,
en voyant notre relation avec Dieu en fonction de ce que nous
accomplissons. Bon nombre de chrétiens bien intentionnés doivent
toujours être affranchis au moyen d'une nouvelle réforme. Par
ailleurs, il ne nous est pas nécessaire d'ajouter une fête au calendrier
confessionnel, encore moins en Décembre. Il y a quelque chose de beaucoup
plus important à penser, à savoir Jésus-Christ. Il est la source de
notre salut, de notre réforme. Il est le coeur de notre identité. Il est
celui à qui nous répondons. Notre identité et notre vie sont fondés
sur un Dieu fait chair, un Dieu d'une humilité incomparable, au point
qu'il a choisi, de son plein gré, de naître un homme comme nous, dans la
pauvreté et l'oppression. Quelle
ironie ! Jésus, un Juif, a été persécuté par Hérode, le roi des
Juifs, et s'est réfugié en Égypte, parmi les non-Juifs. Mais il n'est
pas demeuré dans un lieu de sécurité : il est retourné à son peuple,
un peuple qui, par la suite, l'a rejeté dans sa ville natale et dans la
capitale de son pays. Il a été tué par des leaders religieux qui
s'enorgueillissaient de la supériorité de leur morale, par des leaders
politiques qui s'enorgueillissaient de leur administration de la justice.
Celui qui était saint a subi une mort ignoble. Celui qui était juste s'était
fait péché pour nous. L'auteur
de la vie est mort parce que nous, les êtres humains, ne pouvions être
sauvés autrement. Il nous était impossible de nous sauver nous-mêmes.
Notre seul espoir ? Que Dieu lui-même vienne ici-bas comme l'un des nôtres,
qu'il vive sans pécher et qu'il soit un sacrifice expiatoire pour nous.
Voilà l'origine de notre identité -- dans l'humilité, la souffrance, la
confiance en Dieu de la naissance à la mort. Jésus nous a donné cet
exemple et nous a appelés à le suivre. Selon
Matthieu, notre histoire tire son origine auprès d'Abraham. Elle inclut
des ancêtres non-Juifs, une prostituée, un adultère et une femme qui
devient enceinte avant le marriage. La gloire de Dieu était caché dans
le sein de Marie, dans des circonstances qui paraissaient scandaleuses aux
yeux des autres. La gloire de Dieu n'est-elle pas souvent ainsi cachée
aujourd'hui ? Voilà notre identité -- l'humilité, et parfois la honte.
Nous n'avons pas l'air de grand'chose, même si la gloire de Dieu vit en
nous. Notre histoire débute dans la honte, le péché, et avec Dieu qui
nous cherche. Il
n'y a pas de quoi se vanter : nous devons tout simplement admettre notre
impuissance et nous tourner vers Dieu pour obtenir sa miséricorde, ce
qu'il est prêt à nous accorder et à nous garantir en Jésus-Christ.
Notre histoire se fusionne à la sienne, une histoire qui comprend la
honte et la gloire cachée jusqu'à la résurrection. Non
seulement Jésus est notre point d'identité, il façonne également la réponse
que nous donnons à Dieu. Les paroles « Soyez donc miséricordieux, comme
votre Père est miséricordieux » (Luc 6:36, version Louis Segond) et «
De même que Christ vous a pardonné, pardonnez-vous aussi » (Colossiens
3:13, version Louis Segond) mettent au point les paroles « Soyez saints,
car je suis saint ». La
bonté de Dieu envers nous, si manifeste en Jésus-Christ, nous permet d'être
bons envers les autres. En Christ, nous pouvons faire pour autrui ce que Jésus
a fait pour nous. Voilà comment l'éthique est intégrée à la nouvelle
alliance ; voilà comment la grâce nous enseigne à vivre une vie sainte.
Nous sommes affranchis afin de pouvoir aimer les autres comme Jésus nous
a aimés, non pas seulement avec des sentiments pieux, mais d'une manière
tangible. Nous
remettons notre vie à Jésus. Nous savons que notre salut est assuré en
lui. Nous avons été libérés de la crainte de la mort, de la persécution,
du ridicule, de tout sentiment d'insécurité. Puisque nous avons
l'assurance en Christ, nous sommes libres de faire de bonnes oeuvres en dépit
des conséquences négatives qui pourraient parfois les accompagner dans
ce monde déchu. Nous
sommes également libres de ne pas retenir le pardon ; il n'est pas nécessaire
d'attendre que l'autre personne soit amplement punie ou qu'elle regrette
suffisamment sa faute avant de la pardonner. En Christ, nous sommes également
libres de rendre un culte à Dieu en tout lieu, en tout temps. Nous sommes
libres de ne pas nous juger ou condamner les uns les autres à cet égard.
Nous sommes libres de ne plus jamais permettre que des jours de culte
deviennent des oeuvres de justice. Nous sommes libres de nous laisser les
uns les autres choisir le moment de nous rassembler et la manière de célébrer,
de nous assembler dans la joie du salut et l'amour mutuel par amour pour
celui qui est mort et ressuscité pour nous. En Christ, nous sommes libres
de nous rassembler aux moments opportuns pour la congrégation et le champ
de mission plutôt que lorsque cela nous convient personnellement. Somme
toute, nous sommes libres en toute humilité de nous joindre les uns les
autres dans l'étable et de faire de la mangeoire notre lit, d'être au
service les uns des autres dans l'amour de notre Sauveur, d'être
inoffensifs comme des colombes, sages comme des hiboux, toujours disposés
à apprendre. Il
y a cinq ans, nous avons franchi une étape importante dans notre
cheminement vers Christ. D'une part, cela nous semble si loin dans le passé.
D'autre part, cela nous semble si récent. C'était un moment stressant
... cela l'est toujours, en quelque sorte. Nos revenus ont chuté de façon
dramatique. Il est des membres qui sont toujours assis sur la clôture ;
les uns tendent vers la gauche, les autres vers la droite. D'autres
n'assistent aux assemblées cultuelles qu'à l'occasion, sans rien
contribuer à la communion fraternelle et sans rien y retirer. Mais
on ne peut arrêter le cours du temps. Certes, on peut bien évoquer des
souvenirs à propos de notre cheminement et même y réfléchir. Cependant,
il ne faut pas que notre regard y reste fixé. Il nous faut poursuivre
notre chemin, car notre cheminement n'est pas terminé. Christ nous a
commandé d'aller faire des disciples, de les baptiser et de leur
enseigner tout ce que Christ nous a commandé. Nous
savons où nous étions il y a cinq ans. Beaucoup se souviennent de
l'heure et de l'endroit précis où ils étaient au moment d'entendre le
sermon. À mon sens, cela constituera un événement marquant pour nous.
Longtemps après que la majorité d'entre nous seront morts, notre
confession pourrait très bien envisager ce moment formateur comme l'événement
marquant lorsque la grâce de Dieu nous a aidés à façonner notre
identité. Nos
descendants spirituels peuvent bien envisager ce changement doctrinal de
bien des façons. Il illustre le besoin de distinguer l'ancienne alliance
de la nouvelle. Il illustre la différence entre le légalisme et la grâce.
Il illustre comment le Saint-Esprit oeuvre parmi le peuple de Dieu pour
l'approcher de plus en plus à Jésus-Christ. Mais un changement doctrinal
ne prendra jamais la place de Jésus. Ce ne sera jamais plus important que
l'histoire de Jésus. Sa naissance, sa mort et sa résurrection sont les
pierres de touche des Écritures. Notre
histoire nous est importante en tant qu'histoire de Jésus à l'oeuvre au
sein de son Église, en train de racheter les hommes, de les corriger, de
leur enseigner et de les bénir. Notre histoire est également une leçon
de la douleur qui peut découler des erreurs doctrinales. Nous ne voulons
plus nous engager dans cette voie. Aussi espérons-nous que notre histoire
aidera d'autres à éviter ce chemin de douleur. L'histoire
a façonné notre compréhension. Par contre, notre avenir est en Christ.
Le passé nourrit notre vision, mais cette dernière existe pour l'avenir.
Toute attention accordée à notre historique ne rime à rien à moins que
nous nous demandions comment cela façonne ce que nous faisons
actuellement et comment cela affectera notre destination ultime. Donc, où
nous étions il y a cinq ans n'est peut-être pas aussi important qu'où
nous projetons être d'ici cinq ans. Quel genre de peuple désirons-nous
être -- ou plutôt, où Christ désire-t-il que nous soyons ? Peu
importe si nous nous retournons sur le passé ou que nous regardons vers
l'avenir, assurons-nous de fixer le regard sur Jésus. Nous lui devons nos
vies. Nous vivons en lui. C'est pour lui que nous vivons, que nous nous déplaçons,
et c'est en lui que nous existons. Nous appartenons à son royaume, et
nous sommes à son service. Christ le Roi, né dans une étable, s'est plu
à habiter parmi les humbles qui reconnaissent avoir besoin de lui. |
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