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Réflexions sur « le monde des esprits » :

Perspective biblique

Par James R.Henderson

Le monde des esprits est un sujet qui est souvent discuté dans les milieux tant séculiers que religieux. Il est important que les chrétiens connaissent le point de vue biblique sur cette importante question, et qu’ils sachent que plusieurs points de vue, très répandus aujourd’hui, sont souvent contraires aux enseignements de la Bible.

Voici ce que dit la Bible :

-         il n’existe aucune lutte pour la suprématie universelle entre les forces des ténèbres conduites par Satan et les forces du Bien menées par Dieu. Nous sommes déjà victorieux par la foi en Christ, et Dieu est suprême (Colossiens 1 : 13, 2 : 15, I Jean 5 : 4 ; Psaumes 93 : 1 ; 97 : 1 ; I Timothée 6 : 15 ; Apocalypse 19 : 6).

-         Toutefois, Satan cherche, au moyen de la tentation et en utilisant la société qui est sous son contrôle, à nous aliéner de Dieu. Nous nous séparons de Dieu en faisant un choix, au moyen de notre libre arbitre, le choix de pécher en cédant à notre propre nature humaine pécheresse, permettant ainsi à Satan de nous influencer au point au risque d’accepter sa formidable et trompeuse influence (Matthieu 4 : 1-10 ; I Jean 2 : 16-17 ; 3 : 8 ; 5 : 19 ; Ephésiens 2 : 2 ; Colossiens 1 : 21 ; I Pierre 5 : 8 ; Jacques 3 : 15).

-         Même l’activité de Satan et de ses démons, incluant le fait que Satan nous tente, est soumise à l’autorité suprême de Dieu. Dieu permet qu’une telle activité démoniaque existe, parce que Sa volonté consiste à nous donner la liberté (le libre arbitre) de faire des choix spirituels (Job 1 : 6-12 ; Marc 1 : 27 ; Luc 4 : 41 ; Colossiens 1 : 16-17 ; 1 Corinthiens 10 : 13 ; Luc 22 : 42 ; I Corinthiens 14 : 32).

-         Le meilleur antidote que le croyant puisse utiliser contre Satan et ses tentations, est de résister (Matthieu 4 : 1-10 ; I Pierre 5 : 9 et Jacques 4 : 7). Tenir ferme contre Satan implique l’usage de la prière pour obtenir la protection, la soumission à Dieu en obéissance au Christ, le fait d’être conscients que le mal peut nous attirer, l’acquisition d’armes spirituelles (l’armure de Dieu dont parle Paul), et avoir foi en Christ qui prend soin de nous par le Saint-Esprit (Matthieu 6 : 31 ; Jacques 4 : 7 ; II Corinthiens 2 : 11 ; 10 : 4-5 ; Ephésiens 6 : 10-18 ; II Thessaloniciens 3 : 3).

-         Occasionnellement, dans les évangiles et dans le livre des Actes, nous  voyons que Jésus-Christ et ceux à qui Il avait donné l’autorité pour le faire, chasser les démons hors de personnes physiquement et/ou mentalement affligées. La motivation du Christ et de Ses disciples comprend à la fois la compassion pour ces personnes malades ainsi qu’une soumission à l’autorité du Christ, le Fils de Dieu. Chasser les démons s’apparentait au soulagement d’une affliction mentale et/ou physique, et ne s’apparentait pas à la question spirituelle du pardon des péchés individuels et de leurs conséquences (Matthieu 17 : 14-18 ; Marc 1 : 21- 27, 9 : 22 ; Luc 8 : 26-29, 9 : 1 ; Actes 16 : 1-18).

Parmi ces interprétation modernes, force est de constater que plusieurs d’entre elles, ne sont pas corroborées par le texte biblique, telles que :

-         l’approbation d’idées superstitieuses ;

-         les explications fréquemment formulées par des croyants attribuant aux démons la cause des problèmes et des péchés de la vie quotidienne ;

-         les références nombreuses aux malédictions qui seraient prononcées par Satan, par les esprits mauvais ou par les agents démoniaques humains ;

-         les malédictions et les sorts démoniaques qui sont transmis de génération en génération ;

-         les démons qui amènent un individu à pécher contre son propre libre arbitre et qui par conséquent doit être lié ou chassé (la réponse biblique au péché ne consiste pas à chasser un démon ou un esprit oppresseur, mais plutôt, elle demande que la personne admette sa responsabilité personnelle quant au péché commis et qu’elle se repente en acceptant le sacrifice de Jésus-Christ) ;

-         les rites pour chasser les démons ;

-         l’utilisation du nom de Jésus-Christ, ou la référence au sang de Jésus-Christ utilisée dans une phrase, comme si celle-ci avait un pouvoir inhérent ;

-         un ministère spécifique consacré à la recherche et à l’expulsion de démons.

Permettez-moi de faire quelques commentaires supplémentaires au sujet des malédictions. Tel que mentionner plus tôt, la Bible ne valide pas l’idée que les malédictions prononcées par Satan ou par ses démons ont un quelconque effet. Dans l’Ancien Testament les malédictions sont des déclarations de la part de Dieu pour indiquer un jugement ou des conséquences suite à un mauvais comportement ; exemples : l’expulsion du jardin d’Eden, Deutéronome 28, etc. Parfois les malédictions sont utilisées par les hommes lorsque celles-ci traduisent un désir de faire mal ou de souhaiter du mal à quelqu’un ; exemple : Schimei maudit David, alors que Jésus nous demande de bénir nos ennemis plutôt que de les maudire. Le concept principal relié à la malédiction dans le Nouveau Testament est le jugement divin comme conséquence de ses propres péchés (Galates 3 : 10-13 ; Apocalypse 22 : 3). Dans les quelques références bibliques où il est question de maudire en invoquant les esprits malins afin qu’ils possèdent ou influencent quelqu’un ou quelque chose, il faut savoir que ceux qui agissent ainsi, le font par idolâtrie ou à partir d’une conception païenne universelle du « monde des esprits » (exemple : Goliath dans I Samuel 17 : 42 ; Balaam, dans Nombres 22).

Un ouvrage qui donne une bonne perspective sur ce sujet s’intitule : Power Encounters : Reclaiming Spiritual Warfare, par David Powlison, publié en 1995, aux E.U. par Hourglass Books (Baker Books).

Un nombre de questions ont été posées en rapport avec le ministère de la délivrance. Ce ministère de la délivrance renvoie principalement aux cérémonies et aux pratiques liturgiques régulières ; celles-ci sont parfois associées aux services religieux hebdomadaires au cours desquels les ministres et les membres laïques cherchent à expulser ou à supprimer l’influence démoniaque qui se trouverait dans l’assemblée ou dans un seul croyant présent, et/ou dans des non-croyants présents.

Cette pratique parfois inclut des procédures permettant d’annuler les malédictions récentes ou les malédictions passées transmises de génération en génération. En plus, ce ministère de la délivrance peut s’accompagner de diverses méthodes plus connues, telle que « La Guerre Spirituelle Stratégique », qui elle, implique une effort d’identifier et d’attaquer les forteresses démoniaques dans des villages, des villes ou des nations ; il s’agirait d’un moyen, pense-t-on, d’accélérer l’avènement du Royaume de Dieu avant l’imminent retour de Jésus-Christ sur la terre.

Il est important de savoir que la position doctrinale de l’Eglise Universelle de Dieu sur cette question n’a pas changé : lors de nos cultes, nous ne pratiquons pas le ministère de la délivrance tel que décrit dans les paragraphes précédents.

Il est aussi important de comprendre que tout enseignement important doit être établi sur un fondement théologique solide. Une pratique qui ne s’appuierait pas sur une théologie juste pourrait devenir une fin en elle-même, et deviendrait ainsi très difficile à corriger. Nous devons en saisir toute la portée.

Je sais que plusieurs disent que le ministère de la délivrance donne des fruits, signifiant par là que des résultats sont parfois évidents. Le concept de « produire des fruits » est très subjectif. Il nous faut analyser la théologie qui soutend telle pratique ou tel enseignement, et déterminer si cette théologie s’appuie solidement sur la Bible. Nous ne préconisons pas de se référer à des expériences présumées seulement comme moyen de développer une doctrine et de mettre en place une pratique. En d’autres termes, parce que nous n’avons que le seul sentiment qu’une pratique nous rend spirituel, ou parce que celle-ci nous donne l’impression d’être bien dans notre peau, ne rend pas une telle pratique digne d’être enseignée. Toutes les pratiques et tous les enseignements doivent être soumis au microscope de la Parole de Dieu ; en d’autres mots, il nous faut nous soumettre à la discipline d’une théologie biblique centrée sur le Christ.

Quelques questions spécifiques ont été posées par quelques personnes :

1-                Quelle est la position de l’Eglise Universelle de Dieu sur le fait de prier que Satan soit lié au début des assemblées cultuelles ?

L’Eglise Universelle de Dieu ne cherche pas être dirigiste sur la question des prières dans l’assemblée. Bien entendu, nous nous attendons à ce que tout soit dit et fait de manière à glorifier Dieu et à édifier les croyants. D’un point de vue pastoral, il nous faut nous demander s’il est sage d’amener l’attention des membres sur Satan au commencement d’un service religieux. La réponse est non ; une telle chose est déplacée et peu sage. J’ai assisté à des assemblées où la première intervention organisée consistait à prier pour que Satan soit lié ou chasser et parfois cet exercice se faisait sous forme de commandement. Donc l’attention première n’était pas placée sur Dieu ou sur Sa présence dans nos vies, mais plutôt sur Satan et sur son influence passée, présente et à venir. Satan en est peut-être heureux, s’il peut jamais l’être (ce que je doute), de cette attention qu’on lui accorde dans certaines assemblées !

Nous devons également garder à l’esprit que, théologiquement parlant nous enseignons que nous sommes déjà victorieux en Christ, et que par conséquent, la moindre allusion en début d’assemblée à une bataille entre Dieu et Satan, est tout à fait déplacée.

2-                Y a-t-il un moyen d’identifier un cas de possession démoniaque ?

C’est une question importante. Des théologiens et des érudits ont beaucoup écrit sur le sujet. Veuillez noter que ce sujet n’est pas une priorité au sein du ministère ; nous n’avons pas été appelés dans le ministère pour identifier les personnes qui sont possédées d’un démon. Le ministère consiste à aider les gens à identifier leur Sauveur Jésus-Christ, et à servir ceux qui Lui appartiennent. Souvenez-nous également que d’un point de vue historique, une foule de superstitions se sont greffées sur cette question, et que les symptômes de maladies psychologiques connues comme telles aujourd’hui, étaient considérées jadis, à tort, comme des signes de possessions démoniaques. En tant que ministres et responsables nous ne devons pas encourager la superstition, mais chercher à l’éliminer.  Souvenez-vous qu’une part essentielle du ministère consiste à déterminer à quel moment nous devons orienter vers des professionnelles de la médecine, de la psychiatrie, de la psychologie, ces personnes qui ont des troubles de la personnalité.

Ceci étant dit, les pasteurs et les ministres doivent être très prudents avant de conclure qu’une personne est possédée d’un démon. Une telle décision devrait se prendre au sein d’un conseil de ministres, avec le concours d’un supérieur ecclésiastique, en tenant compte de toutes les implications légales et personnelles (pour la victime et aussi pour le responsable) qui pourraient en résulter.

3-                L’exorcisme est-il un don de l’Esprit-Saint, et si oui, est-ce possible qu’un membre laïque en soit doté, et par conséquent qu’il puisse aider le ministère dans ces cas particuliers ?

Le monde chrétien est divisé sur la question des dons miraculeux, incluant celui de chasser les démons. Un ouvrage intéressant qui couvre la plupart des arguments rattachés à ce sujet s’intitule Are all miraculous gift for today ?, écrit par Wayne A. Gruden, publié aux E.U. par Zondervan, en 1996. Il n’a pas été prouvé de manière concluante que la référence à l’expression « discerner les esprits » (I Corinthiens 12 : 10) fasse allusion au fait de chasser les démons. Une interprétation plus conservatrice consiste à dire que ce verset se réfère à la capacité du ministère de discerner les attitudes et les motifs chez un individu ou dans une congrégation, et qu’un tel don puisse inclure, sans se limiter à, l’identification de l’activité démoniaque.

En nous reportant aux expériences que relate la Bible, la responsabilité de chasser revenait à certaines personnes qui étaient autorisées à le faire, soit par un représentant du ministère ordonné, en particulier, par les apôtres. Il n’y aucun texte biblique qui fasse mention que des démons ont été chassés par les membres laïques d’une congrégation.

4-                Y a-t-il une cérémonie spéciale recommandée par l’Eglise ?

L’Eglise n’a aucune cérémonie qui est pratiquée en présence de toute la congrégation pour chasser les démons. Comme dans le cas de l’onction pour les malades (Jacques 5 : 14), la cérémonie se fait dans l’intimité, et n’implique habituellement que les anciens de l’Eglise, et parfois, quelques membres de la famille. Il existe un code d’éthique pour le ministère (être accompagné dans de telles situations, être conscient du respect des lois concernant les mineurs, éviter toute apparence de mal, etc.) Si après avoir analysé avec sagesse telle ou telle situation, nous en arrivons finalement à la conclusion qu’il puise s’agir d’une influence ou d’une possession démoniaque, qu’au moins deux ministres puissent être présents pour le constater. Prier et jeûner doivent être envisagés pour se rapprocher de Dieu. Soyez conscients que les démons répondent à l’autorité de Jésus-Christ et non pas à votre autorité (les ministres ne doivent pas prendre pour acquis qu’ils ont l’autorité par eux-mêmes, et ils ne doivent pas chercher à converser avec les démons, ou à chercher s’ils sont présents). Jésus est celui qui s’est adressé à eux pour nous. En plus, souvenez-vous que tout cela n’a rien à voir avec la magie ; c’est une question de foi. Cela n’a rien à voir avec les cris et les démonstrations spectaculaires ; il s’agit de compassion qu’il nous faut témoigner envers la personne affligée, tel qu’illustré par le ministère de Jésus-Christ.

Durant la prière, il est bien de prier avec ferveur pour que le Seigneur réprime Satan et ses démons (Jude 9) et afin que la personne puisse être apaiser de son affliction physique et/ou mentale. Les ministres doivent lui témoigner de l’encouragement ; ils peuvent prier par Jésus-Christ qui fortifie le croyant (Philippiens 4 : 13), afin que la personne délivrée se soumette à Dieu de telle sorte que le démon fuira loin d’elle (Jacques 4 : 7), pour que la paix de Dieu qui surpasse toute compréhension gardera son cœur et son esprit en Jésus-Christ ; et qu’elle puisse enfin cesser de méditer sur des choses négatives, et qu’elle entretienne dans son cœur les valeurs chrétiennes positives (Philippiens 4 : 7-8).

Les ministres doivent expliquer à la personne l’importance de la discipline spirituelle, la mettre en garde contre les habitudes destructrices, l’encourager à s’entourer des frères et des sœurs, et que ces derniers continuent à l’encourager et à la conseiller.

Les observations ainsi données en réponse aux questions précedentes sont données en tant que directives générales et celles-ci ne doivent en aucun cas être appliquées de manière légaliste, comme une sorte de formule applicable à tous les cas.

© Eglise Universelle de Dieu


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